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«Un bloc opératoire qui n'aura eu de transitoire que le nom»

Interview de Catherine Borghini Polier, Directrice du CIT-S (Constructions, ingénierie, technique et sécurité), à quelques jours de l'inauguration officielle du bloc opératoire complémentaire (BH06/07).

Publié par Rachel Perret Antille

Construit sur 2 étages au-dessus du bâtiment des soins intensifs et des urgences, le bloc opératoire complémentaire, qu’on a longtemps appelé «transitoire» dans notre jargon, est fin prêt. Il permettra aux travaux de rénovation du bloc opératoire principal de commencer. A quelques jours de l’inauguration officielle, Catherine Borghini revient sur ce projet gigantesque.

L’inauguration officielle du bloc opératoire du BH06/BH07 aura lieu le 9 février, soit plusieurs semaines avant le déménagement des équipements et avant que les premières opérations aient été réalisées. Vous n’avez pas peur de vendre la peau de l’ours?
Non, je ne suis pas superstitieuse ! La remise des clés du bâtiment a eu lieu le 23 décembre et le déménagement du bloc central vers la nouvelle structure est agendée à début mars. Il fallait prévoir cette inauguration et les différentes visites officielles entre ces deux dates, avant que le programme opératoire ait repris ses droits, son rythme et ses conditions d’hygiène strictes. Mais ne vous inquiétez pas, tous les tests de conformité, qui contrôlent par exemple la charge thermique, le dégagement de chaleur, les cascades de pression, les débits d’airs, etc (cela représente 35 tests différents par salle) ont été passés avec succès. Par ailleurs, tout le personnel du bloc opératoire aura suivi plusieurs sessions de formation, qui englobent le protocole chirurgical, la sécurité incendie, l’appropriation du nouveau matériel, etc.

Pour la phase du déménagement du bloc, vous avez mis sur pied une cellule de crise ad hoc. Que craignez-vous?
Nous savons que durant les quelques jours dévolus au déménagement nous serons plus fragiles et que le risque d’incidents sera donc plus grand. Il s’agit simplement d’identifier et d’évaluer tous les riques ainsi que les réponses à y apporter. Le scenario du pire serait évidemment de devoir faire face à un plan INCA (accident majeur), alors que l’activité élective est ralentie. Certains risques sont aussi inhérents au déménagement, notamment au niveau de l’hygiène. Nous essayons de prévoir et d’anticiper tous les scénarios possibles.   

On a toujours parlé de bloc transitoire, mais finalement, qu’est-ce qui reste de transitoire dans ce bloc?
Au début nous parlions même de préfabriqué ! Le terme transitoire faisait référence au fait que toute l’activité chirurgicale était censée repartir au niveau 5 une fois les travaux de rénovation du bloc principal terminés. Au final et en adoptant une vision à long terme qui implique notamment la construction de la salles d’opération hybrides, plus grandes que les salles «normales», et l’augmentation du nombre de lits en salle de réveil, ainsi que l’usage pour l’endoscopie, il était devenu évident qu’il fallait pérenniser ce nouveau bloc. C’est donc bien un bloc définitif  que nous allons inaugurer!

Pourquoi l’option du préfabriqué a-t-elle été abandonnée?
Cette piste avait été évoquée pour que les travaux du 05 puissent se faire très vite. Mais la location coûtait quasiment aussi chère que la construction à neuf ! Il est rapidement devenu évident qu’il fallait pérenniser l’investissement. Ce qui a été plus dur à argumenter, c’était de garder un bloc intra muros, au 05. En effet, pourquoi ne pas réhabiliter cet espace pour les soins intensifs d’autres services engorgés ? Mais la liaison actuelle rapide entre le bloc, les soins intensifs et les urgences consiste un avantage immense. Par ailleurs, le bloc complémentaire fait 1000 m2 de moins que le bloc central. On se contraint donc terriblement. C’est viable sur du court terme, mais pas sur du long terme pour le type d’opération que l’on pratique aujourd’hui au niveau 05.

A terme, nous aurons donc deux blocs neufs. Comment se fera la répartition des activités entre ces structures?
Les opérations hautement spécialisées devraient rester dans le bloc principal du 05, tandis qu’une partie de l’électif ira au 06. Les salles du 07 devraient elles être dévolues à l’endoscopie.

Le bloc actuel compte 18 salles d’opération, tandis que le nouveau bloc n’en offre « que » 16. Durant 3 ans, le CHUV réalisera donc moins d’interventions chirurgicales? 
Non, absolument pas. Mais il est vrai que nous fonctionnerons à flux tendu. La seule salle que nous perdons réellement est la salle de réserve qui sert à la maintenance technique. Celle-ci devra se faire durant le week-end, ce qui implique d’importants changements, en terme d’horaires de travail notamment, pour les collaborateurs concernés.

Au CHUV, combien de personnes ont-elles été mobilisées par ce projet?
Je dirais plus de 150 personnes, en tout cas ! Toutes ont fait preuve d’un engagement exceptionnel, que je tiens à saluer et remercier. Le projet a eu un effet fédérateur. Tout le monde a été responsabilisé très tôt et s’est mobilisé pour que ça marche. La réussite tient peut-être aussi à la nature collective des lieux. Un bloc opératoire est un espace qu’on se partage, on y vient pour accomplir un acte hautement spécialisé, puis on repart. C’est un lieu à la fois exceptionnel et anonyme, dans lequel les signes distinctifs et individuels tendent à s’effacer.

Les travaux du bloc principal vont donc pouvoir commencer. Quel est le calendrier pour ce nouveau chantier?
Le nouveau bloc du 05 devrait être prêt pour fin 2019. Ces travaux se dérouleront en parallèle du chantier des soins intensifs et de la pharmacie, que l’on rénove et agrandit. L’espace de la salle de réveil du bloc sera utilisée pour faire certaines rocades et rendre possibles les travaux. Les 3 prochaines années seront donc bien remplies!

 



Lien(s)

Le bloc opératoire déménage



Dernière mise à jour le 23.03.2017 10:39